Revue de l'Araire - N° 175 décembre 2013

Sommaire du N° 175

La recherche archéologique réserve des surprises. Ainsi, tel hameau paisible de la montagne de Vaugneray, que les randonneurs connaissent bien, possède dans son sol les traces d’un grand intérêt d’une mine de plomb argentifère exploitée au XVIe siècle. Les auteurs de l’article nous fournissent, outre des vues photographiques révélatrices, des plans, des schémas et des chiffres qui nous restituent la vie de cette mine à l’époque. En outre, un tableau comparatif la situe au sein des exploitations minières du Lyonnais, dont notre revue avait donné un aperçu, dans le cadre des connaissances de l’époque, dans son numéro 76 paru en 1989. Depuis, d’autres mines anciennes ont été explorées, et nous en avons ici un exemple éminent. Peu à peu, notre petite région dévoile son importance minière passée, en particulier en métaux précieux, dont l’exemple le plus connu jusqu’à présent était la mine d’argent de Pampailly, située entre Brussieu et Brullioles, qui permit au XVe siècle de renflouer le trésor royal, demandeur de métal blanc. Et on peut penser que le Lyonnais recèle encore d’autres trésors cachés dans ce domaine.

Nous quittons ensuite ces temps anciens pour arriver dans la sphère sociale du XVIIIe siècle. Deux articles, dont l’un traite des placements en nourrice dans trois villages proches de Lyon, et l’autre du brigandage qui sévit au début du siècle sur les grandes routes. Risquons-nous à dire que le point de départ de ces deux textes est la présence de la grande ville industrieuse, de ses ateliers et de ses richesses. En effet, pour ce qui est des placements en nourrice, les femmes sont prises par la contribution qu’elles apportent au travail de l’artisanat et du petit commerce, que l’auteur fait revivre à nos yeux, « négociants, marchands, (bouchers, épiciers, parfumeurs, cabaretiers, apothicaires, tailleurs d’habits, boulangers, chapeliers, chandeliers, etc.), des artisans, beaucoup vivant du travail de la soie, (passementiers, mouliniers, tireurs d’or, guimpiers…), cordonniers, charpentiers, affaneurs, crocheteurs, pelletiers, etc. », et l’enfant est confié aux familles nourricières de la campagne environnante. Il est certain d’ailleurs que ce n’est pas une spécificité de ce temps. Les plus âgés parmi nos lecteurs en auront eu des échos dans leur jeunesse, si ce ne fut pas, peut-être, leur propre cas. Certes, la mortalité de ces enfants paraît à nos yeux importante, mais elle est quand même plus faible que celle des enfants abandonnés, objets d’un article précédent paru dans notre numéro 171, en décembre 2012. N’oublions pas néanmoins la mortalité infantile des siècles passés, qui est énorme par rapport à celle de notre époque.

Quant au brigandage, il est lié évidemment au transport de marchandises précieuses partant de Lyon, carrefour de grandes routes. Nous suivons sur quelques années les courses incessantes de voleurs de grand-chemin qui fréquentent souvent les mêmes lieux, en particulier le pont de Buvet, près de Lentilly, propice aux attaques de voitures. Nous retrouvons à maintes reprises les mêmes tristes personnages et les repaires où ils se réfugient. L’insécurité est grande, les forces de police bien impuissantes, l’aide de l’Etat inexistante, et même si la punition est féroce, car on n’hésite pas à torturer, à pendre et à rouer, la criminalité ne diminue guère. Cela dit, le lecteur a le sentiment de parcourir les pages d’un de ces romans-feuilletons écrits cent ans plus tard, tel Les mystères de Paris, d’Eugène Sue, ancêtre des romans policiers d’aujourd’hui. Les sobriquets pittoresques parfois multiples des criminels, la complicité et la corruption des aubergistes, mêmes tenanciers d’établissements importants, le monde douteur de petits « fonctionnaires » qui n’hésitent pas à s’emparer de l’objet des rapines quand cela ne présente pas de risques, les courses effrénées sur les routes nocturnes et les passages de rivières dans les ténèbres nous plongent dans une atmosphère d’autant plus étonnante qu’elle émane de la réalité elle-même.

Le numéro s’achève sur un petit monde plus serein, même s’il est relativement marginal : celui des patis, des chiffonniers, dont le métier, largement disparu aujourd’hui, est resté si populaire dans les mémoires qu’il a gardé son nom en patois. Et l’un d’entre eux est un vrai roublard ! nous vous laissons le plaisir de faire sa connaissance dans nos lignes.

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